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    January 16

    Le cri...

    Il s'agit du titre d'une chanson interprétée par des enfants palestiniens (et notamment de Taybeh!) et israéliens. Par l'intermédiaire de la musique, ces jeunes expriment leur stop à toutes les violences qui les frappent et abattent les murs de la haine qui les séparent en unissant leurs voix pour cette cause majeure : la paix.
    Vous pouvez entendre cette chanson mais aussi visionner le film retraçant toute l'histoire de ce projet sur http://www.peacesong.net/
    Cela vous permettra de faire par la même occasion un petit voyage en Terre Sainte et notamment de découvrir le village de Taybeh et ses habitants super chaleureux, mais aussi de mesurer que la rencontre entre Palestiniens et Israéliens est possible. Alors que bien souvent nous n'entendons que le bruit des armes et les pleurs d'êtres humains, sachons encourager une telle intiative de paix et de réconciliation !
    January 07

    Homélie pour l'Epiphanie 2007

    « Comme les rois mages en Galilée suivaient des yeux l’étoile du berger… ». Vous vous souvenez très certainement de ce tub de Sheila qui a fait chanter plusieurs générations. Chanson qui pourrait évoquer ce que nous célébrons aujourd’hui : l’Epiphanie. Pourtant, en quelques mots, l’Ecriture connaît rajouts et extrapolations. Il est question en effet ici de rois, de Galilée et d’étoile du berger, éléments absents de l’Evangile que nous venons d’entendre. Comme quoi, si nous n’y prenons pas garde, la Parole de Dieu peut vite rejoindre le grand public de façon erronée et restée ancrée comme telle dans les mémoires. Aussi, il est utile que nous-mêmes, comme chrétiens, nous ayons une bonne connaissance de cette Parole et puissions voir ce qu’elle nous dit pour aujourd’hui. Je vous propose donc ce matin de relire tout simplement avec vous le récit de Matthieu, mais selon un axe précis : le cheminement spirituel des mages, car je crois qu’il peut être éclairant pour notre propre démarche de foi.

    A la lecture de cet Evangile, quatre étapes semblent jalonner le cheminement de nos mages. La première est qu’ils ont vu se lever une étoile annonçant la naissance du roi des Juifs. En cette étoile, les mages, scientifiques et notamment astrologues, reconnaissent un signe venu du ciel, un signe divin. C’est donc Dieu qui le premier prend l’initiative de les interpeller. Alors même que ce sont des païens, Dieu les rejoint dans leur domaine de compétence. Rapidement, ils perçoivent que cette étoile n’est en rien identique à celles qu’ils scrutent habituellement. Ils y découvrent un enjeu de taille : l’étoile annonce l’avènement du roi des Juifs. Cette découverte ou plus exactement cette interpellation ne peut les laisser indifférents. Cela les incite à aller plus loin et à se mettre en marche pour aller rencontrer ce fameux roi annoncé par l’étoile. Leur marche apparaît alors comme une réponse à l’invitation du Seigneur.

    La deuxième étape consiste pour eux à obtenir des renseignements complémentaires quant au lieu où se trouve ce roi, car l’étoile ne leur a pas indiqué. Et c’est tout naturellement qu’ils vont à Jérusalem, centre du monde juif. Là, ils viennent consulter Hérode ainsi que les grands prêtres et les scribes juifs chargés d’interpréter les Ecritures et d’examiner les prophéties concernant le Messie. Ils prennent conseil de personnes avisées, élément essentiel dans tout discernement et dans tout cheminement. Et c’est alors l’Ecriture qui désormais va leur servir de guide. Assurés dans leur quête, ils poursuivent leur chemin et se rendent à Bethléem. Mais avant d’en passer à l’étape suivante, laissez-moi rebondir sur cette rencontre entre les Mages et le monde juif de Jérusalem. Car de celle-ci jaillissent plusieurs attitudes spirituelles. Il y a d’abord celle des Mages déjà évoquée qui ayant obtenu une réponse à leur attente, bien que païens, croient en la Parole de Dieu et poursuivent leur démarche. Mais avez-vous noté l’attitude des intellectuels juifs. Certes ils sont capables de scruter les Ecritures, de les interpréter et d’analyser les prophéties, mais au fond tout cela demeure sur un plan uniquement intellectuel. La Parole n’est pas encore descendue dans leur cœur et ils ne manifestent qu’une confiance très faible à l’égard de l’Ecriture, d’où leur immobilisme. Enfin, l’attitude d’Hérode. Inquiet par la nouvelle de cette naissance, il voit en Jésus un rival. Chez lui non plus, la Parole ne porte pas de fruit. Son seul objectif est à présent d’éliminer son ennemi et il n’hésite à utiliser la ruse dans ces propos pour parvenir à ses fins. Aussi, lui non plus ne bouge pas mais s’il passe à l’action, ce sera pour tuer le Messie. L’Epiphanie du Seigneur place ainsi chacun devant un choix : soit aller vers lui pour l’adorer, soit refuser sa divine intervention.

    La troisième étape déjà entraperçue est donc le fait que les Mages, réorientés par les Ecritures, retrouvent l’étoile qui les conduit au Messie. Ils parviennent au but qu’ils s’étaient fixés, certes cette rencontre avec le Messie mais plus encore le fait de se prosterner devant lui et de l’adorer. Leur attitude manifeste qu’ils le reconnaissent comme le Sauveur du monde. Etonnant n’est-ce pas que ce soit d’abord des païens qui reconnaissent en Jésus le Messie !  Mais c’est précisément là que se situe la pointe de l’Evangile d’aujourd’hui. La bonne nouvelle, c’est que le salut est offert à tous les hommes. C’est déjà ce que nous signifiaient la prophétie d’Isaïe et l’épître aux Ephésiens. Mais en plus de leur attitude physique qui reflète leur vie intérieure, ces Mages apportent à l’Enfant des cadeaux : l’or car ils vénèrent en lui le roi, l’encens car il est le Grand Prêtre qui intercédera pour nous auprès de Dieu et enfin la myrrhe utilisée pour embaumer les corps car un jour il vaincra la mort. Certes ces présents matériels manifestent l’importance que les Mages accordent à Jésus, la place d’honneur qu’ils lui font. Mais ce qui importe avant tout ici, le présent le plus précieux, c’est l’offrande de leur vie au Christ.

    Enfin, la quatrième étape est leur témoignage. Les Mages n’ont pu rester indifférents à cette rencontre qu’ils venaient de vivre avec le Messie. Ils ne peuvent dès lors que partir sur les routes annoncer celui qu’ils ont rencontré. L’Evangile précise qu’ils repartent par un autre chemin. Cela s’explique par le fait qu’ils avaient compris la supercherie d’Hérode et qu’ils ne souhaitaient pas que l’enfant qu’il venait d’adorer soit tué. Mais cet autre chemin, c’est aussi la nouvelle vie qu’ils vont commencer. Car cette rencontre avec le Christ ne peut que provoquer un changement de vie. Ils vont quitter le monde païen pour devenir chrétiens et témoigner de leur foi là où ils passeront.

    Voilà donc le cheminement spirituel de nos Mages. Pour ceux qui auraient pu avoir quelques distractions, pensant déjà à la délicieuse galette qui les attend pour le déjeuner, je me permets d’en rappeler les grandes lignes. D’abord un signe de Dieu qui les interpelle et les fait mettre en route. Et nous, quels signes de Dieu percevons-nous dans nos vies ? Ensuite, pour poursuivre correctement leur route, la consultation de personnes avisées et la confrontation à la Parole de Dieu. Et nous, prenons-nous parfois conseil de quelqu’un pour discerner ? Mais aussi comment la Parole de Dieu nourrit notre foi et nous guide-t-elle ? Puis leur rencontre avec le Christ et l’offrande de leur vie. Et nous, quels moyens nous donnons-nous pour rencontrer le Christ ? Quels présents lui offrons-nous ? Enfin, quitter le monde ancien pour aller vers de nouveaux horizons et témoigner de leur foi. Et nous, comment sommes-nous témoins du Christ là où nous nous trouvons ?

    Au cours de cette eucharistie, demandons au Seigneur la grâce de pouvoir vivre un cheminement spirituel identique à celui des Mages, de grandir toujours davantage dans la foi au Christ car c’est en ayant reçu d’abord soi-même que nous pourrons ensuite donner et être auprès de nos contemporains une étoile sur leur route pour les conduire au Christ.