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    October 18

    Idées de cadeaux pour les fêtes de fin d'année

    Vous cherchez peut-être quoi offrir à des membres de votre famille ou à vos amis pour les fêtes de fin d'année. Voici deux petites idées :
     
    • le CD de la Schola de l'Orne au prix de 15 euros (frais d'envoi compris). Vous pouvez dès à présent le réservez en envoyant vos coordonnées complètes accompagné de votre règlement par chèque à l'ordre de "Shola de l'Orne" à l'adresse suivante :
    Schola de l'Orne
    c/o Pascale Bernard
    3, Impasse du Pré de la Fuie
    61000 Saint Germain du Corbéis
     
    • le livre d'Alain Duphil, diacre permanent du diocèse de Toulouse rencontré et accueilli à Taybeh lors de mes deux années de coopération : "Au pays de Jésus - Les chrétiens... et la lignée d'Abraham". Il s'agit d'un essai sur la situation et la place des chrétiens en Terre Sainte qui éclaircit un certain nombre de questions théologiques. Vous le trouverez soit chez votre libraire, soit sur le site www.alapage.com.
    October 14

    Homélie du 15 octobre 2006

    En méditant les textes proposés pour ce dimanche, j’aurai pu m’arrêter sur le Viens et suis-moi du Christ au jeune homme riche pour faire écho à ce que nous avons vécu la semaine passée et au cheminement qui fut le mien avant de prononcer ce oui définitif plein de confiance mais vous m’avez déjà entendu ou lu sur cette question. Aussi mon attention se portera plutôt aujourd’hui sur trois points, malgré tout liés à cet appel de Jésus : la puissance de la Parole de Dieu, l’accompagnement de ce jeune homme par le Christ et la question posée par cet homme de l’accès au Royaume de Dieu. Ce  sont ces trois points que je souhaite approfondir avec vous maintenant.

     

    « Elle est vivante la Parole de Dieu, énergique et plus coupante qu’une épée à deux tranchants ; elle pénètre au plus profond de l’âme, jusqu’aux jointures et jusqu’aux moelles ». Dans cette affirmation de l’épître aux Hébreux nous sont précisées la puissance et la richesse de la Parole de Dieu, cette Parole qui est le Christ lui-même comme nous le dit Saint Jean dans son prologue. Mais pour mesurer cette puissance et cette richesse en chacune de nos vies, il importe de nous interroger sur le rapport que nous entretenons avec cette Parole, sur le temps que nous prenons à la lire, la méditer et la laisser résonner en nous car n’oublions pas qu’en elle, c’est le Seigneur qui nous parle. Certes, cette Parole n’est pas toujours facile à comprendre et parfois même elle nous bouscule et nous dérange. C’est ce qui fait que cette Parole est une Parole vivante, une Parole pour aujourd’hui. Voilà aussi ce que vit le jeune homme riche dans son dialogue avec Jésus. Le Christ l’invite à quitter toute richesse pour marcher à sa suite. Contrairement aux disciples qui avaient répondu sans hésiter à l’appel de Jésus, le jeune homme est interpellé et dérangé dans ces certitudes et oppose une résistance face à cette Parole. Et résister, c’est se replier sur soi-même et repartir, à l’exemple de cet homme, tout triste. La Parole du Christ n’est pas toujours efficace immédiatement comme dans la vie des disciples et nous aurions peut-être davantage tendance à nous reconnaître en ce jeune homme. Car il faut parfois du temps pour que la Parole de Dieu porte en nous du fruit. Il ne s’agit pas seulement de nous mettre à l’écoute de cette Parole, encore faut-il la mettre en pratique dans chacune de nos vies. L’écoute de la Parole appelle ainsi une réponse de notre part. La Parole est semée, sur quelle terre la recevons-nous ?

     

    Le deuxième point que je souhaiterais développer est tout simplement cette rencontre entre ce jeune homme et Jésus, qui peut nous éclairer sur nos propres rencontres avec les autres. Alors que Jésus était en route, un homme l’interpelle. Bien loin de poursuivre son chemin, le Christ prend le temps de s’arrêter et de se rendre disponible à cet homme, se mettant à son écoute et répondant aux attentes qui sont les siennes. Certes, c’est cet homme qui, en premier, rejoint Jésus sur sa route mais réciproquement, le Christ rejoint cet homme dans sa quête spirituelle. Voilà ici un magnifique exemple d’accueil. Bien souvent, nous aimerions que les gens qui viennent demander quelque chose à l’Eglise ait telle qualité ou telle démarche de foi. Mais c’est calquer là nos propres désirs. Notre première attitude est de les accueillir, à l’exemple du Christ, tels qu’ils sont et de cheminer avec eux tout comme le Christ avec ce jeune homme ou encore avec les pèlerins d’Emmaüs. C’est écouter leurs attentes et essayer d’y répondre. Mais la rencontre entre Jésus et ce jeune homme va plus loin. Un verbe revient trois fois dans cet évangile : regarder. Le Christ pose son regard sur cet homme venu chercher une réponse à sa question. Mais un regard non pas d’indifférence ou vague, mais au contraire bienveillant, peut-être même admiratif face au cheminement spirituel de cet homme mais sûrement en tout cas un regard d’amour. Voilà ce à quoi nous sommes également invités. Poser sur chaque être humain, quel qu’il soit, un regard d’amour, un regard dépourvu de tout jugement, un regard qui relève et réchauffe. Un regard qui manifeste qu’en tout homme, c’est Christ que nous rencontrons. Ce que vous avez fait aux plus petits d’entre les miens, c’est à moi que vous l’avez fait, nous dit Jésus. Enfin, dans le dialogue instauré, Jésus amène le jeune homme à dépasser le stade spirituel où il en est, mais cela semble être pour le moment trop exigeant pour lui. Jésus a toutefois le mérite de le tirer vers le haut, de lui donner un idéal. Face à cette proposition, Jésus laisse l’homme libre de répondre oui ou non, ce qui nous convie nous aussi à respecter la liberté des individus que nous rencontrons. Donc à retenir pour nos rencontres : accueil, écoute, cheminement, regard d’amour et liberté.

     

    Revenons à présent sur le cœur même de la question de ce jeune homme riche, qui sera reprise par les disciples : « Bon maître, que dois-je faire pour avoir part à la vie éternelle ? » Interrogation qui rejoint probablement l’une des nôtres. La réponse du Christ s’appuie sur la citation de quelques versets du Décalogue, tous liés à l’amour du prochain. Le jeune homme s’empresse de répondre qu’il a accompli tous ces commandements. Alors Jésus le pousse plus loin en lui spécifiant ce qu’il lui manque : tout vendre et tout quitter pour le suivre. Mais le jeune homme résiste. Pour lui, l’accès au Royaume de Dieu consistait en des devoirs à accomplir, un peu comme un dossier administratif dont il faudrait avoir coché toutes les cases pour obtenir son passeport. Et bien non, l’essentiel n’est pas là. Notre relation avec le Seigneur est invitée à tendre, non pas vers une relation de l’ordre du donnant-donnant mais vers une relation de l’ordre de l’amour et de la foi. C’est par amour et en toute confiance et non par devoir qu’il faut suivre le Christ. L’amour véritable est une grâce accordée à chaque homme sans condition, grâce donc indépendante de notre bon vouloir ou de nos œuvres. Il y va d’une totale gratuité de la part Seigneur, qui a pris l’initiative de nous aimer le premier (1 Jn 4, 19). L’amour ne s’achète pas mais se reçoit. Cela ne veut pas dire pour autant que les œuvres que nous réalisons sont inutiles mais elles doivent découler de cette expérience de la gratuité de l’amour de Dieu. Saint Paul écrit à ce sujet aux Ephésiens que c’est par grâce que nous sommes sauvés, à cause de notre foi et que cela ne vient pas de nous, de nos actes, mais que c’est le don de Dieu. Il s’agit donc pour chacun d’entre nous de grandir dans cet amour et dans cette confiance et plus particulièrement dans la fidélité à la prière. Car prier, c’est de mettre devant Dieu pour accueillir en nos vies son amour et pour le répandre ensuite autour de nous, et de façon particulière par des œuvres de charité.

     

    « Ta Parole est la lumière de mes pas, la lampe sur ma route. » Au cours de cette eucharistie, demandons au Seigneur la grâce de goûter avec délice la Parole de Dieu, de nous laisser façonner par elle pour qu’elle éclaire chacune de nos vies et chacune des rencontres que nous vivons. Qu’elle ouvre les yeux de notre cœur et nous aide à toujours porter un regard d’amour sur nos contemporains.

    Amen