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    October 31

    Assemblée Générale du Service des Vocations

    Cette AG aura lieu le jeudi 15 novembre de 18h00 à 22h00 à la Source à Sées. Cette année, l’invité sera le Père Romain Duriez, vicaire épiscopal chargé de la formation dans le diocèse de Rouen, qui interviendra sur le thème : « Liturgie et vocation ». Témoignages et débat ainsi que nouvelles et projets du SDV suivront son intervention. Possibilité de dîner sur place, en s’inscrivant avant le 7 novembre auprès du Service des Vocations (27, rue du Bercail 61000 Alençon – 02.33.26.20.89 – sdv@diocesedeseez.org).

    Homélie de la Toussaint 2007

    Heureux : un mot qui revient neuf fois dans l’Evangile que nous venons d’entendre, sans parler de la finale qui nous invite à nous réjouir. En ce jour de la Toussaint, c’est donc une invitation au bonheur et à la joie à laquelle nous sommes appelés. Ne nous trompons donc pas : la Toussaint n’est pas le jour de commémoration des morts (contrairement à ce que la tradition d’aller dans les cimetières manifeste) mais elle est un jour de fête et de joie où nous célébrons tous ceux connus ou inconnus qui ont répondu à cette invitation du Seigneur : ce sont les saints. Cet appel au bonheur demeure valable pour nous aujourd’hui car nous sommes tous appelés à la sainteté.  Un appel magnifique en cette époque où nombreux sont ceux à chercher ce bonheur, à chercher un sens à leur vie, à chercher comment rendre les autres heureux. Car la destinée de l’homme est justement d’être heureux et de rendre heureux. Jésus nous propose aujourd’hui dans cette page d’Evangile, dite des Béatitudes, une véritable charte du bonheur que je me propose de reprendre avec vous.

     

    Peut-être en écoutant cette parole avez-vous fait le rapprochement entre Jésus et Moïse. Dans le livre de l’Exode, Moïse reçoit de Dieu les dix commandements sur la montagne du Sinaï, à savoir des paroles que Dieu donnait à l’homme pour qu’il vive bien et heureux. Jésus, lui aussi est sur une montagne et enseigne la foule nombreuse, les entretenant de façon explicite sur le bonheur. Jésus se révèle ici comme le nouveau Moïse mais apporte une nouveauté radicale. A présent c’est en lui, par lui et pour lui que tout homme peut désormais être heureux. Avec Jésus, on guide le registre du commandement pour rejoindre celui de l’invitation au bonheur. Un bonheur qui s’enracine toutefois dans le commandement de l’amour qui est double : aimer le Seigneur et aimer son prochain. Et les béatitudes qui nous sont présentées dans cet Evangile ne font que refléter et déployer chacune à leur manière cet amour.

     

    Cette charte du bonheur que le Christ nous lègue ne lui est pas extérieure. Bien au contraire, si l’on reprend chacune des béatitudes énoncées, on constate rapidement que le Christ lui-même les a vécues de l’intérieur et de façon parfaite. Ces béatitudes nous dressent comme une sorte de portrait de Jésus, un portrait qui sera développé ensuite pas à pas dans le reste de l’Evangile. Jésus s’est fait pauvre, attendant tout des mains du Père. Jésus s’est fait doux et humble de cœur, recevant à la résurrection la terre en partage. Jésus a pleuré à la mort de son ami Lazare, il a pleuré sur Jérusalem, recevant la consolation à la résurrection. Jésus, tout au long de son ministère, a eu faim et soif de justice. Jésus a pardonné en toute occasion et même à ceux qui l’ont crucifié. Jésus a eu le cœur pur, considérant chaque être humain comme un reflet du créateur. Jésus a été artisan de paix. Jésus a vécu la persécution, une persécution qui atteindra son point culminant sur la croix. Enfin Jésus s’est réjoui, exultant de joie sous l’action de l’Esprit à plusieurs reprises.

     

    En résumé, le Christ a tracé pour nous le chemin et nous a montré l’exemple. Vivre des béatitudes, c’est donc marcher à sa suite et vouloir lui ressembler. Sa charte pourrait toutefois nous sembler aujourd’hui bien utopique car elle va à contresens de notre logique humaine. Notre société d’aujourd’hui mise tout sur le paraître, sur l’avoir, sur le tout tout de suite alors que la logique de l’Evangile est dans ce que nous sommes réellement. Le Christ nous rappelle que l’important dans une vie n’est pas ce qu’on réussit, ce qu’on amasse mais ce qu’on est. Le bonheur véritable se trouve dans notre capacité à aimer, à servir et à servir de façon désintéressée. Il est dans la qualité d’une recherche authentique de Dieu, dans la qualité de nos relations avec les autres.

     

    Tous et chacun, nous avons à creuser les balises que le Christ nous propose pour connaître le bonheur mais un bonheur véritable et non éphémère. Tous et chacun, nous avons à chercher, suivant nos capacités et nos disponibilités, comment être autour de nous des semeurs de justice, de paix, de pardon, de joie. Mais souvenons-nous que nous ne sommes pas les premiers sur cette route. Une foule immense que nul ne peut dénombrer nous a précédé sur le chemin : les témoins de la foi, les martyrs, les saints que l’Eglise a déclarés comme tels mais aussi tous ceux et toutes celles de notre entourage inconnus du grand nombre et qui, pourtant, ont vécu dans leur vie la plénitude de l’Evangile. Oui, saints et saintes de Dieu connus ou anonymes, priez pour nous ! Priez pour qu’à votre suite, nous puissions prendre avec courage et persévérance la route qui conduit au bonheur éternel. Amen, alléluia !

    October 21

    Homélie du dimanche 21 octobre 2007

    Dimanche dernier, quatre priorités à mettre en œuvre dans notre paroisse vous ont été présentées. Si vous vous souvenez,  la première concernait la Parole de Dieu. On peut dire qu’elle rejoint particulièrement bien le thème d’année de la semaine missionnaire mondiale. Ce thème, vous l’avez sous les yeux : « Transmets la Parole que tu reçois ». Je voudrais prendre tout simplement ce matin le temps de méditer cette phrase avec vous, phrase qui est comme le résumé de ce que Paul écrivait à Timothée dans la deuxième lecture.

     

    Petite phrase avec deux verbes (transmettre et recevoir) et en son cœur la Parole, le tout évoquant un mouvement dynamique. Volontairement, je commence par le dernier terme car seul celui qui a reçu peut transmettre. Aucun d’entre nous ne peut prétendre avoir inventé la Parole, mais tous, par l’intermédiaire de nombreux témoins, nous l’avons reçue. Des témoins qui depuis des siècles se relaient pour transmettre cette Parole, des témoins remontant jusqu’à l’Eglise des premiers temps. On a vraiment de quoi s’émerveiller de cette tradition et nous pouvons chacun faire mémoire et rendre grâce pour toute cette chaîne de témoins qui nous a transmis la Parole de Dieu.

     

    Mais recevoir, ce n’est pas seulement entendre avec nos oreilles une Parole donnée mais c’est surtout faire de notre personne une terre qui accueille en profondeur cette Parole. Je vous renvoie ici à la parabole du semeur et vous invite à vous interroger sur la terre que vous êtes pour l’accueillir. La Parole n’a pas seulement à être annoncée mais elle a à être contemplée, lue et relue, ruminée dans une attitude de foi. Pour nous chrétiens, la Parole n’est ni un message, ni un livre mais elle est une personne : le Christ, Verbe fait chair comme nous le méditerons à Noël. Contrairement à certaines idées entendues ici ou là, le christianisme n’est donc pas une religion du livre, mais une religion de la Parole.

     

    Recevoir la Parole, c’est se laisser également nourrir et modeler par elle, se laisser transformer et parfois même bousculer. Comme l’écrira l’auteur de l’épître aux Hébreux, « Elle est vivante, la parole de Dieu, énergique et plus coupante qu'une épée à deux tranchants ; elle juge des intentions et des pensées du cœur. » Cette parole contemplée doit entraîner en nous une attitude de conversion, une vie où nos actes sont en adéquation avec ce que nous entendons et proclamons.

     

    Si cette Parole est reçue en profondeur et si elle est pour nous bonne nouvelle, alors comment pourrions-nous la garder égoïstement pour nous ? Quand vous vivez un événement heureux, vous n’avez qu’un désir : le partager. Alors pourquoi en serait-il autrement avec la Parole ? Oui, nous avons à transmettre ce que nous avons reçu. Mais attention, ce n’est ni une leçon à réciter, ni une publicité car notre société d’aujourd’hui vit une crise de la transmission. Ce que nos contemporains attendent : ce sont des témoins authentiques en qui la Parole n’est pas restée un simple texte mais a porté du fruit ; c’est l’annonce explicite de l’Evangile comme Parole de vie proclamée à temps et à contre temps ; c’est une communauté qui rayonne de la vie, de la joie, de son Seigneur et qui sent bon l’odeur du Christ et le service des frères.

     

    Nombreux sont encore ceux à ignorer cette Bonne Nouvelle mais nombreux sont ceux aussi à attendre une Parole de vie, d’espérance. C’est ensemble qu’il nous faut alors chercher les moyens pour leur transmettre. Sans oublier au préalable de les porter dans notre prière. Parfois, nous rencontrerons des obstacles dans cette transmission. Mais le Christ lui-même n’a pas toujours été bien reçu. Cela ne l’a pas empêché de poursuivre sa mission. Alors, à sa suite, gardons courage et surtout persévérons.

     

    Dans cette transmission, veillons toutefois à ne pas nous présenter comme ceux qui savons face à ceux qui ne savent pas. Regardez bien la phrase : Transmets la Parole que tu reçois. Il n’y a pas besoin d’avoir de longues études littéraires pour se rendre compte que le verbe est au présent et non au passé. Il n’est pas écrit « Transmets la Parole que tu as reçue mais que tu reçois ». Dès lors, il nous faut comprendre que, même si nous transmettons, nous n’avons pas fini pour autant de recevoir. Nous sommes à la fois ceux qui transmettent mais qui continuent en même temps à recevoir. Sinon, en se coupant de la source, le risque est grand de bien vite s’annoncer soi-même plutôt que d’annoncer le Christ. Ce mouvement de transmission/réception que nous vivons entre nous est appelé à se vivre aussi en nous.

     

    Tout cela, c’est bien ce que nous manifestons quand, à chaque eucharistie, nous traçons trois croix sur nous avant la proclamation de l’Evangile. Ne voyons pas ici un petit exercice d’assouplissement  pour nous dégourdir ! Vous connaissiez le double effet Kiss cool, vous avez maintenant le triple effet Jésus. Par ce triple geste, nous demandons au Seigneur de nous ouvrir : de nous ouvrir pour nourrir notre intelligence, de nous ouvrir pour nourrir notre cœur, de nous ouvrir pour proclamer les merveilles qu’il fait dans nos vies. Par ce triple geste, nous manifestons de façon extérieure le mouvement intérieur que nous sommes appelés à vivre. La Parole que nous écoutons n’est pas faite pour rentrer par une oreille et ressortir par l’autre. Mais elle doit rentrer par les deux oreilles, rejoindre notre cerveau pour que nous l’intégrions, pour que nous la comprenions : c’est la Parole reçue. Puis elle doit descendre au fond de notre cœur et porter du fruit en nous : c’est la Parole contemplée. Enfin, elle doit être mise sur nos lèvres pour être annoncée aux autres : c’est la Parole transmise.

     

    Aujourd’hui, il y a urgence à remettre au cœur de notre vie de baptisé mais aussi au cœur de notre communauté la Parole de Dieu. Alors, ce matin, prions les uns pour les autres pour que le Seigneur fasse de nous des récepteurs et des transmetteurs féconds de sa Parole. Amen.