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    February 03

    Homélie du 4 février 2007

    Les lectures de ce jour mettent à l’honneur trois figures : Isaïe, Paul et Pierre à travers le récit de leur vocation respective. Un point commun se dégage dans ces récits : face à l’appel du Seigneur, tous expriment leur réticence, leur indignité, leur condition de pécheur pour le servir. Il leur faudra alors un certain cheminement pour entrer plus en avant dans la volonté du Seigneur pour eux et répondre positivement à cet appel. Ces trois vocations nous sont données pour nous interpeller sur notre propre façon de répondre à l’appel du Seigneur.

     

    Bien souvent, lorsque nous parlons de vocations, nous avons tendance à ne retenir que les vocations spécifiques que sont les prêtres, les religieux et religieuses. Parler ainsi, c’est restreindre ce qu’est la vocation car la première d’entre toutes et qui est commune à tous, laïcs comme consacrés, c’est la vocation de baptisés. Etre baptisé, ce n’est pas rester bien tranquillement dans son coin et vivre de façon égoïste ou individuelle sa foi. Mais la vocation de baptisé implique, certes de se nourrir à la source mais pour ensuite s’engager et être, là où nous sommes, témoins du Christ ressuscité et, comme nous le disait Saint Paul, transmettre le trésor que nous avons reçu : à savoir la Bonne Nouvelle du salut aux hommes et aux femmes de notre temps. C’est d’abord recevoir pour ensuite donner, c’est être pour le monde d’aujourd’hui un signe.

     

    Pour être signes, pour être témoins, différents chemins sont possibles et chacun est invité à emprunter celui correspondant aux charismes qu’il a reçus et les mettre au service de tous. Le tout est de prendre le temps de se mettre à l’écoute du Seigneur et de discerner les appels qu’il nous adresse. Le discernement peut demander un certain temps car, à l’exemple d’Isaïe, Paul et Pierre, quelques réticences de notre part ou le fait de ne pas nous sentir à la hauteur de la mission demandée peuvent surgir, mais il faut savoir oser l’aventure. Si vous relisez l’évangile de ce jour, vous noterez que Pierre n’a pas reçu seulement un appel mais trois : celui de prêter sa barque et de s’éloigner, celui de jeter les filets de nouveau malgré l’échec de la nuit précédente, et celui d’être non plus pécheurs de poissons mais pécheurs d’hommes. A vous aussi, jeunes et moins jeunes, le Seigneur vous adresse des appels soit dans sa parole, soit par l’intermédiaire d’autres hommes. Comment les accueillez-vous et quelle réponse y apportez-vous ?

     

    N’allez pas croire que votre réponse ne sert à rien. Bien au contraire, toutes les réponses sont nécessaires, quel que soit le service que vous rendrez, aussi minime soit-il. Car grâce à vos réponses, c’est notre communauté qui se construit peu à peu, qui devient priante, vivante, accueillante, ouverte sur le monde. Une communauté où les fidèles ne seraient que consommateurs attendant bien sagement que tout vienne des prêtres, une communauté qui se renfermerait sur elle-même sans le moindre souci de l’Eglise diocésaine et universelle, une communauté qui sans cesse dirait : « On a toujours fait comme ça, pourquoi changer » est une communauté qui ne se met pas à l’écoute du Seigneur pour discerner les appels pour aujourd’hui. C’est une communauté qui va à sa perte et dont la durée de vie est plus que limitée.

     

    Alors, j’oserai dire, réveillons-nous avant qu’il ne soit trop tard, et comme Pierre, au petit matin, reprenons courageusement la route et avançons au large avec confiance pour que notre communauté soit ici à l’Aigle ou dans les relais, signe, rayonne et devienne un terreau fertile et fécond. De ce terreau pourront alors peut-être naître des vocations sacerdotales et religieuses. Car, comme au temps du Christ, la moisson est abondante et les ouvriers peu nombreux.

     

    Certes, c’est ici le constat d’une réalité actuelle, mais cessons de sombrer dans le pessimisme et de nous focaliser sur cette crise. Interrogeons-nous plutôt sur ce que nous faisons pour éveiller des vocations. Certes, comme le Christ nous y invite, prions-nous le maître de la moisson pour qu’il nous envoie des ouvriers ? Mais plus encore, avons-nous vraiment le désir que des jeunes découvrent la joie de servir le Christ comme prêtre ? Osons-nous proposer aux jeunes ce chemin de bonheur dans leur orientation ou bien comme les autoroutes, préférons-nous qu’elles passent chez les voisins ?

     

    Au cours de cette eucharistie, demandons au Seigneur la grâce de ne pas avoir peur de monter dans la barque et de nous laisser conduire par l’Esprit là où il veut, la grâce d’écouter, de discerner ses appels et d’y répondre mais aussi la grâce d’être appelant.