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March 25 Homélie du 25 mars 2007Le Carême : 40 jours de pénitence et de conversion, avec comme piliers le jeûne, la prière et le partage, pour nous préparer à célébrer la résurrection du Christ. Les textes entendus chaque dimanche sont porteurs de cet appel constant et incessant à revenir à Dieu. Pour le vivre de façon plus concrète, vendredi prochain, nous vous proposons une soirée accueil, miséricorde et pardon avec adoration, confession, dialogue et écoute, présentation du tableau de Rembrandt. Aujourd’hui, je souhaiterais vous y préparer en vous rappelant quelques points concernant le sacrement de réconciliation.D’abord, une réalité inéluctable : tous, nous sommes pécheurs. Il est vrai, la grande majorité d’entre nous a reçu le baptême (ou certains s’y préparent), sacrement par excellence de la rémission des péchés. Toutefois, nous savons bien qu’après le baptême, nous demeurons fragiles. Nous avons sans cesse la liberté de choisir entre le bien et le mal et bien souvent nous retombons dans le péché. Aucun ne peut donc se vanter d’être sans péchés. D’ailleurs, Saint Jean, dans son épître, nous dira : « Si nous disons que nous n’avons pas péché, nous nous égarons nous-mêmes et la vérité n’est pas en nous. » C’est ce qu’on bien compris les scribes et les pharisiens de l’Evangile d’aujourd’hui à qui le Christ a révélés qu’ils étaient tout autant pécheurs que la femme qu’il condamnait.Oui, nous sommes tous pécheurs. Mais à des degrés différents. Mes péchés ne sont pas ceux de mon voisin même si, au fond, il s’agit d’une même réalité. Pécher, c’est toujours refuser d’aimer : à la fois Dieu, les autres et parfois soi-même. C’est couper une relation, la communion avec Dieu et les autres, ce qui nécessite une réconciliation : réconciliation avec Dieu et avec l’Eglise.Cette réconciliation ne peut se faire que par le sacrement de réconciliation, unique moyen, dans l’Eglise, pour la rémission des péchés. Mais, la confession interroge et fait peur à beaucoup aujourd’hui. Il est donc nécessaire de clarifier les choses à présent et de faire tomber bon nombre de clichés.Vivre le sacrement de réconciliation, c’est confesser ses péchés. C’est vrai, mais attention, à ne pas réduire la confession à cela. La confession n’est pas seulement accuser une liste de péchés mais c’est d’abord confesser l’amour de Dieu : que cet amour est le plus fort, que sa fidélité demeure à jamais, qu’il est un père bienveillant et miséricordieux. Mais aussi être dans l’action de grâce pour toutes les merveilles que le Seigneur accomplit, à l’exemple du psalmiste disant : Je rendrai grâce au Seigneur en confessant mes péchés.Toute confession nécessite au préalable une préparation intérieure. Il s’agit de regarder sa vie non pas en se plaçant devant un miroir mais en se mettant sous le regard de Dieu par la prière et en méditant sa Parole car c’est précisément à la lumière de cette Parole que va être révélé mon péché. L’Eglise invite d’ailleurs fortement à ce que cette Parole soit lue dans le cadre même de la confession. Eclairé de cette manière, je pourrai alors à la fois avouer mes péchés et exprimer le désir de ne pas recommencer.L’aveu constitue aujourd’hui une difficulté réelle. Voilà ce qu’expriment un certain nombre de personnes disant : pourquoi avouer mon péché, d’autant plus à un prêtre qui est autant pécheur que moi ? Je préfère m’arranger directement avec Dieu et je sais qu’il me pardonne. Et bien ce n’est pas ce que l’Eglise demande et encore moins le Christ. Sinon pourquoi au matin de Pâques, le Christ aurait-il confié à ses apôtres et à l’Eglise le pouvoir de lier ou de délier, le pouvoir de pardonner ? Le prêtre qui m’accueille n’est pas là pour me donner le pardon en son nom mais au nom du Christ. Ce pouvoir lui est confié du fait même de son ordination. Alors oui, l’aveu est difficile et parfois humiliant. Pourtant, il permet de faire la vérité en soi, entraîne une libération et produit la paix et la joie.Enfin, un dernier point important. Au début, je vous disais que le baptême est le sacrement par excellence de la rémission. Mais l’homme demeurant fragile après le baptême et tombant de nouveau dans le péché, l’Eglise lui propose de recevoir de nouveau le pardon de ses péchés dans le sacrement de réconciliation. Libre à chacun ensuite de le vivre ou non. Mais c’est mon devoir de vous rappeler la position de l’Eglise sur cette question. La confession, la réconciliation n’est pas une option facultative dans la vie du baptisé mais elle est une obligation. Pour cela, je vous renvoie au code de droit canonique : Tout fidèle parvenu à l’âge de discrétion est tenu par l’obligation de confesser fidèlement ses péchés graves au moins une fois par an. » Certes, cette obligation concerne ici les péchés graves mais dans ce même code, au canon précédent, l’Eglise recommande vivement de confesser aussi les péchés véniels.Voilà seulement quelques aspects soulevés (car le temps est limité) qui pourraient être synthétisés ainsi. Imaginez un fil reliant l’homme à Dieu. Chaque fois que l’homme commet un péché, le fil est rompu. Mais dès qu’il reçoit le pardon des péchés, un nœud est fait à ce fil. Et plus il y a de nœuds, plus le fil nous rattachant à Dieu se raccourcit donc plus nous devenons proches de lui.Aujourd’hui encore, le Seigneur nous guette et attend notre retour. Il veut nous dire personnellement dans le sacrement de réconciliation : Moi, non plus, je ne te condamne pas. Va et désormais et ne pèche plus. Alors ne restons pas sourd à l’exhortation entendue le premier jour du Carême : Nous vous en supplions, au nom du Christ, laissez-vous réconcilier avec Dieu ! Prions pour que chacun connaisse la paix et la joie du pardon et devienne alors un témoin authentique de la réconciliation autour de lui.Amen.Témoignage pour la rencontre du presbyteriumChers amis, à défaut de pouvoir dire pour le moment chers frères dans le sacerdoce,
C’est d’abord une grande joie d’être parmi vous ce matin et une grande première pour moi de devoir m’exprimer devant autant de prêtres. Mais en même temps, je dirai que c’est un exercice un peu difficile car je me demande bien ce qu’un jeune comme moi peut apporter à des hommes, certes avec quelques cheveux blancs, mais surtout plein de sagesse et riche d’une expérience plus ou moins longue dans le ministère pastorale et aussi comme ministre de l’eucharistie.
Pourtant, j’ose me lancer en commençant par vous brosser à traits grands traits ce que fut mon parcours. Originaire de Damigny, je suis issu d’une famille croyante mais non pratiquante et ai suivi toute ma scolarité à Damigny puis Alençon avant de faire des études de chimie au Mans. Concernant l’appel à devenir prêtre, il a été relayé par différentes personnes au fil des ans. Il était sûrement présent assez tôt dans ma vie mais je l’ai repoussé, me disant que je n’étais pas fait pour ça. Etant enfant, j’aimais participé régulièrement à la messe et cette pratique n’a pas été interrompue durant l’adolescence. Ce contact avec l’Eglise a pu être maintenu grâce à la musique, qui m’a permis de trouver ma place dans l’Eglise. Sans cette amie fidèle, j’aurais très certainement quitté l’Eglise et n’en serais pas là aujourd’hui. Mais sur ma route, j’ai eu la chance de rencontrer des prêtres heureux de leur engagement et rayonnant de joie. Leur témoignage, mais aussi la question de trois d’entre eux à 15 jours d’intervalle en 1997, me demandant si j’avais déjà pensé à être prêtre, ont été un déclic dans ma vie et ont réveillé en moi le désir de devenir prêtre. Cet appel n’a dès lors cessé de résonner en moi et ma deuxième année d’études de chimie a été l’occasion de prendre le temps de m’interroger sur cet appel et sur une éventuelle entrée au séminaire. Ce qui fut réalisé en 1998. Toutes ces années de formation, auxquelles j’ajoute mon année de service militaire et mes deux années de coopération dans le village de Taybeh, m’ont aidé à discerner en profondeur cet appel et m’ont permis de poser le 7 octobre dernier un oui définitif et confiant au Seigneur car je suis persuadé qu’il y a beaucoup de joie, de bonheur à donner sa vie au Seigneur et en même temps à donner sa vie pour ceux qu’on aime (pour reprendre ce verset johannique qui fut ma phrase sur l’image souvenir d’ordination et qui m’a accompagné durant tout mon cheminement).
Voilà ainsi retracé en quelques lignes mon parcours. N’allez pas croire que je contourne les questions que l’on m’avait posées mais je trouvais important de rappeler tous ces éléments pour ceux qui ne me connaîtraient pas beaucoup.
Pour en venir à la question de la joie et de l’eucharistie, ma réponse prendra appui sur le récit des pèlerins d’Emmaüs. Rassurez-vous, même si je ne dois pas être très loin des sept minutes recommandées, je ne vais pas vous faire une homélie, car vous êtes plus expérimentés que moi dans ce domaine. Mais si je prends comme source ce texte, c’est d’abord parce qu’il nous présente, comme vous le savez, les 4 parties de la messe pour faire le lien avec les deux années que nous vivons, mais surtout parce que c’est un récit que j’ai choisi pour jalonner mon ministère diaconal.
1ère étape : « Jésus lui-même les rejoignit et fit route avec eux »
Faire route avec, tel est bien ce que nous vivons régulièrement dans le ministère aussi bien dans les divers groupes que nous animons ou accompagnons que dans les personnes qui viennent sonner au presbytère pour des raisons bien diverses. Parfois, l’accompagnement se vit dans la durée mais le plus souvent, la rencontre n’aura lieu qu’une fois au moment de la demande d’un sacrement ou pour une inhumation. Indépendamment de la durée, ma priorité à l’égard de toute personne est l’accueil que je lui réserve, le regard que je porte sur elle mais aussi l’écoute que je lui accorde. C’est rejoindre les gens là où ils en sont, respecter leur chemin, et se mettre à l’écoute de leur questionnement et de leurs attentes. Ce besoin d’écoute mais aussi la pauvreté rencontrée sous des facettes différentes, c’est probablement ce qui m’a le plus frappé depuis mon ordination. Pourtant, c’est une joie immense de l’accueillir et de cheminer avec toutes ces personnes, de pouvoir leur apporter quelques paroles de réconfort, des paroles qui peuvent les aider à retrouver confiance en elles, à avancer et à se remettre debout.
2ème étape : « Et commençant par Moïse et par tous les prophètes, il leur expliqua dans toutes les Ecritures ce qui le concernait » Importance de la Parole de Dieu, d’abord pour moi, en prenant le temps de la méditer chaque jour pour qu’elle me nourrisse, me pétrisse, pour essayer, malgré mes limites, de la mettre en application dans ma vie et qu’elle guide ma vie. Une parole de vie et qui réjouit et rend profondément heureux pour reprendre Jérémie. Cette étape d’appropriation est indispensable pour ensuite la transmettre autour de moi. Et cette année, c’est une chance de pouvoir assurer avec deux autres personnes une formation d’initiation biblique à l’Aigle à laquelle participe une cinquantaine de personnes. Une joie car cela rentre précisément dans le ministère diaconal d’annonce de la Parole de Dieu. Une joie également de pouvoir proclamer l’Evangile durant la liturgie mais aussi une joie de pouvoir la commenter et d’apporter les éclairages nécessaires pour que cette parole soit comprise et porte du fruit dans le cœur des hommes. Une joie enfin de pouvoir faire découvrir cette Bonne Nouvelle et de la partager avec tous ceux qui ont à choisir des textes pour une célébration particulière.
3ème étape : « Quand il se fut mis à table avec eux, il prit le pain, prononça la bénédiction et leur donna. Alors leurs yeux furent ouverts et ils le reconnurent » Importance ici de l’eucharistie qui a toujours été présente dans ma vie. Eucharistie qui permet de me ressourcer, de trouver la force de continuer la route quand les moments sont plus difficiles, qu’un inattendu douloureux survient, mais aussi eucharistie qui permet de venir déposer aux pieds du Seigneur tous ceux que je rencontre ou ceux qui se confient à ma prière. Sans toutefois oublier l’étymologie du mot eucharistie : rendre grâce, rendre grâce pour toutes els merveilles que le Seigneur réalise mais aussi rendre tout simplement grâce pour ce qu’il est. Participer à l’eucharistie, c’est apprendre à tout recevoir ici du Seigneur et à entrer dans une joie profonde de vivre cette rencontre quotidienne avec le Christ. Et aujourd’hui, c’est sûrement une blessure pour moi de voir le peu d’intérêt que les jeunes et leurs parents portent à l’eucharistie, sans parler parfois de chrétiens qui se disent engagés. Alors avec vous, je m’interroge : comment éveiller en eux ce goût de l’eucharistie, leur faire comprendre son importance dans la vie de foi et faire que leurs yeux s’ouvrent ?
4ème étape : « A l’instant même, ils partirent et retournèrent à Jérusalem »
N’y voyez pas là un verset vous annonçant que je repars en Terre Sainte ! Mais tout simplement, ces quelques mots sont la conséquence logique pour moi de quelqu’un qui participe à l’eucharistie. Comme je le disais, participer à l’eucharistie, c’est entrer dans une attitude d’accueil, de réception. Mais ce trésor que nous recevons n’est pas à garder égoïstement. Ce qui est semé est appelé à porter du fruit. C’est tout recevoir pour ensuite tout donner. Réception et don vont de paire même si comme le dit la Bible, il y a plus de joie à donner qu’à recevoir. En d’autres termes, c’est passer d’une vie reçue à une vie donnée, une vie eucharistique. Mais pour donner, il faut d’abord avoir trouvé force et appui car comme nous le dit Jésus : Sans moi, vous ne pouvez rien faire ». Ce don passe par différentes formes, mais c’est avant tout par le témoignage : un témoignage qui certaines fois est explicite et en paroles et qui à d’autres moments ou en d’autres lieux passent par un témoignage de vie. Ce qui nécessite de savoir s’adapter. Mais comment ne pas avoir au fond du cœur ce désir de témoigner de celui à qui nous avons donné notre vie, ce désir de l’annoncer avec joie, de crier à tous les hommes : Christ est ressuscité ?
Faire route avec, se nourrir de la Parole, vivre de l’eucharistie, témoigner de sa foi : 4 piliers choisis pour mon ministère diaconal, 4 piliers féconds et sources de joie intérieure. 4 piliers qui se trouvent récapitulés dans l’eucharistie, source par excellence de la joie et du don. Un petit mot pour terminer. j’aimerais exprimer à chacun de vous un immense merci pour le témoignage que vous nous offrez, pour votre engagement et votre fidélité, pour l’unité qui règne entre vous malgré la diversité mais aussi et surtout pour la joie qui, habitant vos cœurs, rayonne en vous et autour de vous et qui me donne aujourd’hui de vouloir à mon tour m’engager définitivement et servir le Christ comme prêtre. Puissent vos cœurs continuer à battre au rythme de cette joie et continuer à brûler, à la suite de ceux des pèlerins d’Emmaüs, du feu de Dieu. |
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