Stéphane's profileChez AboustefPhotosBlogListsMore Tools Help

Blog


    April 30

    Homélie de l'Ascension

    Frères et sœurs, j’aimerais prendre ce matin le temps de m’arrêter avec vous sur l’Evangile proposé en cette fête de l’Ascension du Seigneur, un Evangile que certains parmi vous ont étudié plus largement au cours d’une soirée biblique. Il s’agit de la finale de l’Evangile de Saint Matthieu qui résume la situation de l’Eglise au moment crucial qui sépare le temps où Jésus était encore là de celui où il sera remonté vers son Père. De cette finale, je voudrais retenir trois points : un lieu, une attitude et une mission.

     

    Un lieu tout d’abord. Le début de l’Evangile laisse entendre que les femmes ont transmis aux disciples le message d’aller en Galilée, sur une montagne pour rencontrer une dernière fois le Christ ressuscité. La montagne est un lieu souvent mentionné dans la Bible et elle y joue un rôle important. Elle est le lieu par excellence de la rencontre entre Dieu et l’homme. Souvenez-vous de Moïse qui reçoit les tables de la loi sur le mont Sinaï mais plus encore de Jésus. Plusieurs fois, il est mentionné dans l’Evangile qu’il se trouve sur une montagne soit pour être tenté par le démon, soit prier, soit pour enseigner (je vous renvoie ici aux Béatitudes). C’est encore sur une montagne qu’il sera transfiguré. Mais évoquer ici la montagne, c’est nous montrer également que Jésus est le nouveau Moïse, celui-là même qui fit ses adieux sur une montagne (le mont Nébo). Monter sur la montagne, c’est se rapprocher du ciel, donc de Dieu. C’est entrer dans l’univers de Dieu. Alors il nous faut comprendre que pour les disciples, vivre cette expérience d’aller sur la montagne, c’est vivre une rencontre profonde avec le Seigneur et c’est ainsi reconnaître que Jésus est Dieu.

     

    Cela nous conduit à considérer le deuxième point : une attitude. Que font les disciples quand ils voient Jésus : ils se prosternent. Leur geste manifeste la vénération qu’ils ont à l’égard de Jésus en qui ils reconnaissent ici le Messie, Dieu lui-même. Cela n’est pas sans nous rappeler les mages qui, devant l’enfant de la crèche, se prosternent eux aussi. Plus que des cadeaux, c’est toute leur vie qu’ils apportent en offrande au Seigneur. Toutefois, malgré leur attitude, Matthieu rajoute que certains eurent des doutes. Il y a ici comme une sorte de paradoxe. En effet, celui qui se prosterne est sensé être habité par une totale confiance. Son attitude extérieure étant le reflet de ce qui l’habite intérieurement. Ce rajout nous montre que la foi n’est jamais statique. Le croyant est toujours en chemin, un chemin qui passe par des avancées mais parfois aussi par des doutes. Les grands saints en ont fait eux-mêmes l’expérience. La foi reste un risque et c’est, comme le précise la suite de l’Evangile, dans l’agir missionnaire que les disciples pourront vaincre leurs doutes.

     

    Ce qui nous amène au troisième point : une mission. Car c’est bien de cela qu’il s’agit dans les dernières paroles de Jésus. Jésus ne fait rien d’autre que d’envoyer les onze en mission. Celle-ci porte sur le fait de faire des disciples dans le monde entier. En bref, des disciples invités à faire d’autres disciples. En effet, seul celui qui a marché à la suite de Jésus et a expérimenté que son enseignement transfigure son existence aura un témoignage qui porte du fruit. De disciple, il deviendra apôtre, annonçant à temps et à contretemps, la Bonne Nouvelle qui le fait vivre, mais comme le disait Saint Pierre, dimanche dernier, toujours avec douceur et respect. Tous, dans notre vie de foi, nous avons été marqués par des figures de croyants et de témoins qui nous ont aidés à avancer davantage au large. S’ils nous ont marqués, ce n’est pas parce qu’ils répandaient une idéologie mais parce que leur vie était en adéquation avec l’Evangile, qu’elle était pétrie par tous les commandements qui, au fond, se résument à un seul verbe aimer. A notre tour, nous invités à être pour les autres des aînés dans la foi.

     

    Dans la mission confiée par Jésus, ce qui est premier, c’est donc de faire des disciples et non de baptiser. Le baptême n’est qu’une suite logique pour former peu à peu une communauté : celle de personnes qui, par ce rite, veulent enraciner leurs liens mutuels dans une commune appartenance au Dieu Trinité. Tout cela devrait nous invitait à réfléchir sur notre pratique du baptême aujourd’hui. Actuellement, on baptise à tout va. On fait certes des chrétiens mais fait-on des disciples ? Seule la démarche catéchuménale s’inscrit dans la demande de Jésus. Peut-être faudrait-il la reconsidérer pour le baptême des petits enfants pour que celui-ci ne soit pas seulement une fête de la naissance ?

     

    Faire des disciples : voilà la mission qui nous confiée à nous aussi aujourd’hui. Nous sommes tous envoyés pour être témoins et apôtres de la paix, de l’espérance et de la joie. Une mission dans laquelle nous ne sommes pas seuls mais au contraire soutenus par l’Emmanuel (Dieu avec nous) et par la force du défenseur qu’il nous envoie : l’Esprit Saint. Cette mission ne doit pas pour autant nous faire oublier de demeurer nous-mêmes disciples. Tous, nous avons aussi à monter chaque jour sur la montagne et à garder fidèlement les commandements. Puisse la prière de Paul entendue dans la deuxième lecture être la nôtre : Que le Dieu de notre Seigneur Jésus Christ, le Père dans sa gloire, vous donne un esprit de sagesse pour le découvrir et le connaître vraiment. Qu’il ouvre votre cœur à sa lumière, pour vous faire comprendre l’espérance que donne son appel, la gloire sans prix de l’héritage que vous partagez avec les fidèles, et la puissance infinie qu’il déploie pour nous, les croyants. Amen.

    April 28

    Messe de Saint Jean Eudes

    Vous trouverez en ligne le commun de messe que j'ai composé suite à une commande du séminaire de Caen. Pour plus d'infos et pour le téléchargement des partitions, rendez-vous sur la page d'accueil du site de la paroisse de l'Aigle : http://www.paroissesaintmartin.fr/