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July 01 Homélie du 1er juillet 2007 L'AigleDimanche 24 juin 2007, aux environs de 17h45 : « Je nomme Stéphane prêtre coopérateur sur la paroisse Saint Martin en Ouche ». Ce ne fut pas une grande surprise pour moi car j’étais naturellement au courant de cette nomination. Mais peut-être cela l’a-t-il été pour un certain nombre d’entre vous. Toujours est-il que c’est une joie pour moi d’accomplir mes premières armes parmi vous car cela me permettra de poursuivre une mission qui n’en était qu’à l’état d’ébauche. Avoir un jeune prêtre sur une paroisse n’est pas rien et on peut dire qu’ici à l’Aigle vous êtes privilégié car c’est le troisième que vous accueillez depuis dix ans. Je peux vous assurer que bien des communautés du diocèse vous envient. Car pour beaucoup recevoir un jeune prêtre est signe d’un souffle nouveau et prometteur de dynamisme. C’est vrai mais attention : n’attendez pas tout d’un prêtre. En lisant le dernier numéro de chemin de vie en pays d’Ouche, j’ai été surpris et impressionné des réponses à l’enquête sur ce que les gens attendaient du prêtre. Pour résumer rapidement, le prêtre doit être disponible sans cesse et avoir toutes les qualités et toutes les compétences. Au risque de peut-être vous décevoir, mes aptitudes ne correspondent pas tout à fait à ces attentes. Malgré la grâce de l’ordination, je demeure un homme et non un super héros ; un homme qui cherche chaque jour à faire la volonté du Seigneur ; un homme qui fait son maximum pour demeurer fidèle à son engagement ; un homme qui essaie d’accomplir la mission qui lui a été confiée ; mais un homme marqué aussi par ses propres limites, par ses propres faiblesses et par le péché. Un homme aussi qui deviendra prêtre un peu plus chaque jour grâce à vous, communauté de l’Aigle vers laquelle j’ai été envoyé. Car sans communauté, le prêtre n’est rien. Un homme qui pour vous essaiera d’être un père vous guidant, vous accompagnant, vous aidant à avancer toujours davantage dans votre compagnonnage avec le Christ. Mais un homme qui portera aussi une attention particulière à tous ceux qui sont aux portes de l’Eglise. Mais un homme qui aura aussi besoin de vous pour accomplir sa mission. Car, comme vous le savez, le champ pastoral est vaste et nous devons conjuguer nos forces pour la réaliser car la priorité demeure l’annonce de l’Evangile aux hommes d’aujourd’hui, comme le disait le Christ tout à l’heure dans l’Evangile (Toi, va annoncer le Royaume de Dieu). Au titre même de son ordination, cette mission pour le prêtre est prioritaire, ce qui nécessite pour lui d’être au maximum dégagé de contraintes matérielles et administratives. Mais la mission ne lui est pas réservée. Tout baptisé qui, par le baptême, est devenu prêtre, prophète et roi, est convié à prendre part à cette mission. Présent depuis 4 ans dans cette paroisse, j’ai déjà pu repérer à plusieurs reprises les richesses de notre communauté et beaucoup déjà prennent des responsabilités, ce dont nous nous réjouissons. Mais je demeure persuadé que d’autres talents sont encore enfouis et demandent à être révélées. Ce que le Seigneur nous fait comme dons, nous avons à les faire fructifier et comme le disait Paul dans la deuxième lecture, non à les garder égoïstement mais à les mettre, par amour, au service des autres. Nous avons la chance d’avoir sur notre paroisse de nombreux services et mouvements. Mais pour qu’ils puissent continuer à exister, nous avons besoin de vous pour les animer, les coordonner, pour en prendre la responsabilité. En septembre prochain, de nouvelles initiatives verront le jour en lien avec la proposition diocésaine de creuser davantage le mystère de l’eucharistie mais aussi en lien avec le texte des évêques sur la catéchèse. Dans cette dynamique, nous mettrons particulièrement l’accent sur la catéchèse des enfants, sur la pastorale des jeunes mais aussi sur l’annonce de la foi chrétienne à un public plus loin de l’Eglise et marqué par une culture religieuse quasi absente. C’est dans cette optique que prendront naissance les cours alpha durant l’année mais aussi une formation biblique. Vous voyez : la moisson est abondante et nous sommes à la recherche d’ouvriers pour travailler à la vigne du Seigneur. Vous l’aurez compris, c’est ici un appel pressant que je lance à chacun d’entre vous pour que vous preniez le temps de réfléchir (l’été est propice à cela !) à ce que vous pourrez faire pour participer à l’œuvre du Seigneur. Aujourd’hui, comme hier, nous sommes conviés à suivre le Seigneur sur les chemins de l’Evangile. Alors puisse chacun, contrairement aux disciples de l’Evangile d’aujourd’hui, apporter librement au Seigneur un oui qui ne soit pas un « oui mais », autrement dit un oui sans condition, un oui dénué de toute réticence pour marcher à sa suite, un oui qui permette non de regarder en arrière mais d’avancer vers de nouveaux horizons. Ensemble, dans nos diversités, selon nos charismes et nos disponibilités, nous avons à composer et à interpréter une magnifique symphonie : une symphonie qui soit celle de l’amour, de la paix, de l’espérance et de la joie. Au cours de cette eucharistie, demandons au Seigneur de nous donner les moyens de la réaliser. Demandons-lui aussi de nous envoyer son Esprit Saint pour qu'il nous conduise et nous éclaire sur ce qu'il attend de chacun d'entre nous. Amen. Homélie du 30 juin 2007 Notre-Dame d'AlençonL’Evangile de Luc que nous venons d’écouter nous invite plus que jamais à suivre Jésus sur la route qui le conduit à Jérusalem, une route faite d’obstacles et de refus, une route qui mènera jusqu’à la croix. Pour ceux qui acceptent de marcher à sa suite, l’exigence est de taille : il s’agit de tout quitter, de renoncer à son passé, de rompre radicalement avec un monde mort pour s’ouvrir à un avenir nouveau. Face à l’appel du Seigneur à le suivre, nous sommes donc conviés à donner une réponse claire, une réponse qui exclut tout « oui, mais ». Mais pour que notre oui soit véritablement un oui dénué de toute réticence, encore faut-il que nous sachions ce que signifie pour nous aujourd’hui suivre le Christ. Suivre le Christ, c’est certes répondre librement à son appel mais c’est prioritairement développer une relation d’amour, c’est nourrir la foi qui nous habite. Cet amour et cette foi ont été déposés comme en germe au jour de notre baptême mais ils sont appelés à se déployer toute au long de notre vie. Personne ne peut prétendre en effet avoir atteint une maturité parfaite au niveau de la foi. Nous sommes tous sur le chemin mais à un stade différent, un chemin appelé à se poursuivre. Aussi sommes-nous invités jour après jour à entretenir la flamme qui brûle en nos cœurs, à l’image de l’amour dans un couple : un amour appelé sans cesse à grandir, à se fortifier, une confiance appelée à être affirmée de nouveau chaque jour. Pour nous aider à croître dans cette intimité, différents moyens sont à notre disposition : les sacrements, et plus particulièrement l’eucharistie et la réconciliation, deux sources qui doivent venir irriguer notre vie. Mais attention ! L’eucharistie dominicale ne doit pas constituer comme un en-soi dans notre semaine, j’entends par là se dire seulement chrétien le dimanche. Mais elle doit être un temps privilégié où nous recevons le Seigneur pour ensuite en vivre tout au long de la semaine, pour que coule en nous des fleuves d’eau vive. Un temps fort pour nous aider à vivre les temps faibles. Un autre moyen : la prière quotidienne. Lorsque nous aimons quelqu’un, nous désirons passer gratuitement du temps avec lui mais aussi lui confier nos joies, nos difficultés. Il en va de même avec le Seigneur. Il frappe à notre porte et attend que nous lui ouvrions nos cœurs. Un dernier moyen : la Parole de Dieu et sa lecture fréquente et assidue. Dans cette Parole, c’est le Seigneur qui nous parle. Nous ne pouvons faire fi de cette méditation de la Parole car elle nous invite à contempler le maître et à nous nourrir de son enseignement (à nous mettre à son école). Dans la vie spirituelle, notre penchant naturel va vers la prière de demande mais peut-être nous faut-il découvrir ou redécouvrir l’importance d’être à l’écoute. C’est d’ailleurs sous cet angle que commence le shema Israël, récité chaque jour par les Juifs, avant même d’énoncer les commandements : Ecoute Israël… Suivre le Christ, c’est également se faire serviteur à l’exemple du Christ lavant les pieds de ses disciples le soir du Jeudi Saint. « C’est un exemple que je vous ai donné pour que vous aussi vous fassiez de même ». La foi ne peut demeurer uniquement quelque chose d’intérieur mais doit rejaillir de manière concrète dans notre vie quotidienne. Le commandement de l’amour comporte une double composante : certes aimer le Seigneur mais aussi aimer son prochain comme soi-même. Chacun, nous recevons du Seigneur des talents particuliers, des charismes. Il nous faut apprendre à les repérer mais comme le disait saint Paul dans la deuxième lecture, nous pour les conserver égoïstement mais pour les faire fructifier et les mettre au service des autres. Et cela, non pour se donner bonne conscience mais par amour, avec une attention toute particulière pour nos frères et nos sœurs les plus démunis, les plus souffrants. Ce que vous avez fait aux plus petits d’entre les miens, c’est à moi que vous ‘lavez fait, nous dit Jésus. Car c’est précisément sur cet amour qu’au soir de notre vie, le Christ nous interrogera. Suivre le Christ, c’est enfin, pour reprendre un terme de l’évangile de ce jour, être messager. Mais ce que nous avons à annoncer, ce n’est pas nous-mêmes mais le Christ et la Bonne Nouvelle du salut. Telle est la mission que le Christ confie à ceux qui veulent marcher à sa suite. Pour être ses messagers, il nous faut nous-mêmes être pétris de son message car nous ne pouvons transmettre que ce que nous avons nous-mêmes reçu. Etre chrétien aujourd’hui n’est certes pas facile car la société relègue la religion dans la sphère du privé et marque même une indifférence certaine à l’égard de la religion. Mais n’oublions pas que le Christ lui-même n’a pas toujours été accueilli, voire parfois pas du tout tel dans ce village de Samarie. Oui, être témoin du Christ aujourd’hui, c’est accepter comme lui de ne pas toujours être reçu mais de marcher avec courage sur la route de la croix, de ne pas craindre d’être incompris, rejeté. Le Christ ne nous dit-il pas : « Heureux serez-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous à cause de moi. Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse car votre récompense sera grande dans les cieux ! » Suivre le Christ n’a rien de dépassé mais demeure toujours d’actualité. Alors au cours de cette eucharistie, demandons au Père de nous envoyer son Esprit Saint et laissons conduire par lui. Qu’il nous éclaire et nous aide à discerner ce qui, dans notre vie, nous entrave pour marcher librement à la suite du Christ. « Fais que je marche, Seigneur, aussi dur que soit le chemin. Je veux te suivre jusqu’à la croix ; viens me prendre par la main. » Que les paroles de cet hymne nourissent notre prière. Amen. |
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