Stéphane's profileChez AboustefPhotosBlogListsMore Tools Help

Blog


    August 26

    Homélie du dimanche 26 août 2007

    « Seigneur, n’y aura-t-il que peu de gens à être sauvés ? » A cette question posée par un juif de son temps, Jésus apporte une réponse qui sans aucun doute n’est pas celle espérée puisqu’il se place d’emblée sur un autre registre. Jésus refuse, en effet, d’entrer dans le débat théorique sur le nombre d’élus. Pour lui, c’est sans intérêt car cela supposerait que l’histoire de chacun est déjà achevée, ce qui ne sera réalisée qu’au jour de notre rencontre définitive avec Dieu. Mais au détour de cette question, il saisit l’occasion d’enseigner ceux qui sont présents autour de lui en leur évoquant les exigences à remplir pour obtenir le salut. La question n'est donc plus de savoir qui sera sauvé, mais à quelle condition on peut l'être.
     
    Son enseignement débute par une exhortation : « Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite… », mettant directement en cause le comportement de ses auditeurs. D’emblée, l’insistance est donc mise sur un effort à fournir. Certes, le Christ veut sauver tous les hommes en versant son sang pour la multitude. Mais Il ne suffit pas d’avoir rencontré le Christ pour être sauvé. Il nous faut, au prix d’une lutte, d’un combat, entrer par la porte étroite. Ce qui suppose de nous interroger sur les moyens à mettre en œuvre dès à présent pour appartenir au groupe des élus et accéder au Royaume.
     
    En filigrane, il nous faut donc comprendre que le salut n’est pas automatique. C’est précisément sur ce point que Jésus met en garde ses auditeurs.  Ces derniers estimaient en effet que le fait d’appartenir au peuple juif suffisait pour garantir la participation au Royaume. Eh bien, Jésus dénonce cette croyance comme une illusion. L’accès au Royaume passe non par une appartenance à une lignée ou à une nation mais par la conversion, par l’ouverture des cœurs à la Parole du Christ et par la mise en application dans nos vies. Et si ces propos sur l’exclusion du royaume peuvent paraître durs, il ne faut pas y voir une sentence irréversible mais plutôt une menace pour interpeller ceux qui refusent de se convertir à se convertir. Même si la porte est étroite, elle reste ouverte à tous.
     
    Cette mise en garde du Christ dans l’évangile d’aujourd’hui est tout autant valable pour nous car la conversion n’est jamais arrivée à son terme. Elle est toujours à poursuivre et à creuser. Il ne suffit pas tout au long de sa vie d’écouter les enseignements de Jésus et de participer à son repas eucharistique pour accéder au Royaume. Ce serait se faire illusion et le risque serait grand d’entendre au jour de notre rencontre avec le Seigneur : « Je ne sais pas d’où vous êtes ». Je ne critique pas bien évidemment le fait d’être fidèle à l’eucharistie mais je souligne seulement le fait que l’eucharistie ne peut demeurer un en soi. Elle doit être une source à laquelle on vient puiser mais aussi une source qui doit irriguer nos vies et nourrir notre foi. On n’est pas chrétien uniquement le dimanche mais ce que nous recevons, à la fois la Parole et le corps du Seigneur, est appelé à être mis en pratique et à porter du fruit. C’est une invitation pressante qui nous est faite à enraciner davantage nos vies sur le Christ, à nous laisser modeler par sa Parole, à nous laisser éduquer par lui, comme le développait magnifiquement l’épître aux Hébreux entendue toute à l’heure.
     
    Alors au cours de cette eucharistie, demandons au Seigneur la grâce de mettre en œuvre les exigences de l’Evangile, la grâce de la conversion et de la confiance pour que nous puissions, à la fin des temps, prendre part au festin du Royaume et goûter avec délice au bonheur éternel. Amen.