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07 settembre

Homélie du 7 septembre 2008

Frères et sœurs, comme vous le savez, septembre rime, chaque année, avec rentrée. Après des vacances bien méritées, bon nombre d’activités reprennent dans tous les domaines. La vie paroissiale, elle-même, n’échappe pas à ce phénomène. Toutefois, septembre n’est pas seulement une reprise de ce que l’on a quitté en juin mais c’est plutôt un nouveau départ : nouveau départ, marqué par de nouvelles résolutions et propositions dans tous les domaines de notre vie, y compris donc dans notre vie spirituelle et communautaire. Pour notre vie chrétienne, plusieurs orientations nous sont proposées par les lectures de ce dimanche. J’en retiendrai quelques-unes qui pourront nous servir de fils conducteurs pour cette nouvelle année.

 

Dans la première lecture, Ezéchiel reçoit une nouvelle mission de la part du Seigneur : celle d’être guetteur pour la maison d’Israël. A cette époque, il s’agit pour ce prophète de transmettre à ses frères exilés les avertissements de Dieu et les appels à la conversion et s’il manque à sa mission, il sera responsable de leur malheur. Comme la majorité des prophètes, Ezéchiel sera incompris et rejeté. Malgré les échecs et les découragements, il demeurera fidèle à sa mission. Il aura été guetteur par toute sa vie : guetteur à l’écoute de la Parole de Dieu mais aussi guetteur de l’aube, chargé de lire dans l’histoire les signes de l’espérance. A la suite d’Ezéchiel, tous, nous recevons cette même mission du Seigneur : celle d’être des guetteurs pour notre monde. L’Evangile de ce jour nous exhortera à la même chose : au nom de l’amour fraternel, veiller les uns sur les autres au point d’être capable de rappeler à l’ordre celui qui fait fausse route.

 

Le psaume, quant à lui, nous invite à nous tourner vers Dieu dans la joie, l’action de grâce et la confiance. Trois caractéristiques indispensables dans toute vie spirituelle qu’il nous faut approfondir et entretenir au quotidien. Oui, je dis bien au quotidien, car la foi n’est pas l’affaire uniquement du dimanche. La messe hebdomadaire est certes nourriture pour notre vie spirituelle mais elle est insuffisante. Elle doit être complétée par une vie de prière quotidienne sinon elle risque d’être bien vite superficielle. Nous sommes invités à avancer au large, à marcher dans la confiance et à ouvrir tout grand notre cœur au Seigneur qui est le Dieu non des morts mais des vivants. Sans oublier, comme nous le rappelle la dernière strophe du psaume, de nous mettre à l’écoute de la parole du Seigneur, une écoute non pour demain mais pour aujourd’hui.

 

L’épître de Paul, quant à elle, nous invite plus que jamais à l’amour fraternel. Frères et sœurs, voici le cœur de la foi chrétienne. Il se résume en cinq lettres : aimer. C’est le commandement par excellence. Les autres commandements n’ont de sens que si l’amour est le premier. Sinon, nous tombons dans du légalisme qui nous enferme dans une attitude rigide et écrasante pour les autres. En bref, tout l’opposé d’une vie vécue selon l’Evangile. Alors, nous devons prier les uns pour les autres pour que nous soyons brûlants de charité mais une charité qui ne soit pas seulement présente dans les discours mais qui rejaillissent par des actes concrets et vrais dans notre vie communautaire et au-delà. C’est tout le sens de notre participation à l’eucharistie. Nous venons puiser à la source de l’amour pour le recevoir dans nos vies, pour en être embrasés afin de le porter ensuite autour de nous mais surtout d’en vivre de manière prioritaire entre nous. Car c’est à l’amour que nous aurons les uns pour les autres que nous serons reconnus par le monde comme les disciples du Christ. Sans cet amour fraternel intense entre nous, nous offrirons le plus beau contre-témoignage. Tout cela exige alors pour chacun de nous une conversion de tous les instants.

 

L’Evangile, enfin, nous appelle à l’unité entre nous. Une unité qui passe, dans les recommandations de Jésus, par le soutien fraternel et l’aide la communauté à l’égard de ceux qui se perdent (comprenez ici qu’il est question du péché) mais aussi le pardon. Telle est bien ce qu’on pourrait appeler la correction fraternelle. Elle ne peut être qualifiée comme telle que si elle est motivée par l’amour. Car seul le véritable amour est exigeant : quand on aime réellement quelqu'un, on ne le laisse pas faire n'importe quoi ; il y va de « l'assistance à personne en danger ». La correction fraternelle n’a rien à voir avec la critique négative qui vise bien souvent à « casser » l’autre et à le descendre plus bas que terre. Mais cette correction vise à le remettre dans le droit chemin pour que soient parfaites notre unité et notre joie afin que le monde connaisse les œuvres de Dieu. Là aussi, nous avons tous un chemin de conversion à parcourir pour accomplir la mission d’unité que le Seigneur nous a confiés. Cette communion entre nous implique la vigilance sur la fidélité de nos frères mais aussi sur notre propre fidélité.

 

Que le Seigneur nous donne, tout au long de cette année, son Esprit de lumière et de force pour être d’authentiques guetteurs, enracinés en lui, et vivant l’amour fraternel, la réconciliation et l’unité entre nous afin de former une communauté digne de ce nom. Amen.